L'Inde et son économie, sa démographie, ses sources de conflit et son organisation sociale
Par Garen Kassis, lundi 14 août 2006 à 10:14 :: Culture :: #16 :: rss
L’Inde s’est en effet ouvert au commerce international, mais avec retenue. La privatisation de l’économie indienne pourrait avoir des conséquences désastreuses en terme de pertes d’emplois et de stabilité sociale, ce que la classe politique veut à tout prix éviter. Par conséquent, Le gouvernement a pris des mesures protectionnistes pour préserver son économie des effets désastreux de la globalisation. Grâce à cela, l’Inde n’est pas tombé sous la coupe des multinationales. L’Inde contribue à former un « bloc du sud » au sein de l’OMC en s’alliant avec les pays du sud, la Chine, l’Afrique du Sud et le Brésil pour contenir la globalisation.

Cette photo nous a été aimablement prêtée par Olivier Lheriau
L’Inde est devenu le centre mondial des technologies de l’information. Elle est le premier vendeur de services en technologies de l’information devant l’Irlande et les Etats-Unis. Elle est la destination privilégiée des délocalisations. Ce pays est plus attractif pour les entrepreneurs que les Etats-Unis. Ce n’est pas étonnant, la main d’œuvre y est très bon marché et très qualifié suivant les secteurs.
La révolution informatique a permis la formation d’une classe moyenne. 35 millions d’indiens ont plus de 1000 euros par mois, et leur nombre augmente de 10% par an. En revanche, même si le revenu par tête augmente et que des mesures encore timides ont été prises pour amoindrir la pauvreté, les inégalités sociales et géographiques tendent à augmenter. L’Inde affiche un retard considérable en matière d’infrastructures civiles.
L’Inde est l’un des pays les plus jeunes du monde.
En 2020, à titre de comparaison, l’âge moyen sera :
- pour l’Inde, 29 ans
- pour la Chine et les Etats-Unis, 37 ans
- pour l’Europe occidentale, 45 ans
- pour le Japon, 48 ans
Sources de conflit
L’inde rassemble sous le même toit toutes les religions.
- Les hindous (82, 6%)
- Les musulmans (11, 4%, soit 110 millions de musulmans, représentant la somme de la population de l’Egypte et de l’Irak)
- Les chrétiens (2,4%)
- Les sikhs (2%)
- Les juifs, bouddhistes, jains, animistes (1,6%)
Les conflits interreligieux (principalement entre hindous et musulmans) sont à l’origine de la montée en puissance du nationalisme hindoue, paradoxe avec la politique de tolérance indienne.
L’Etat du Cachemire (nord-est de l’Inde) et l’Assam (nord-ouest) revendiquent leur indépendance. Les autorités indiennes doivent également faire face aux rebelles de l’Elaam Tamoul (réclament l’indépendance du nord du Sri Lanka) qui utilisent certains états du sud de l’Inde comme base arrière de leur guérilla.
Parmi les 14 langues officielles, l’on compte l’hindi, l’anglais, le sanskrit et le cachemiri pour des raisons politiques.
2 traditions majeures de l’Inde posent de véritables problèmes de société :
- 1. le système des castes
- 2. la dot des jeunes filles
Le système des castes hindou repose sur 4 niveaux. Hormis les « intouchables », tous les indiens appartiennent à une caste, même les chrétiens et les musulmans.
Malgré son abolition par l’article 17 de la constitution indienne en 1950, le clivage demeure.
Les « intouchables », qui représentent tout de même 17% de la population, sont toujours victimes de discriminations. Ils font toujours l’objet de persécutions et de mauvais traitements.
Dans le nord du pays, ce système élitaire assure la domination rituelle mais aussi socio-économique et politique des hautes castes. Interdiction de se marier entre différentes castes, sans quoi la mort vous pend au bout du nez (surtout en campagne).
Malgré tout, une lueur d’espoir apparaît, et cela grâce à la démocratie. Depuis plus d’une décennie, les « intouchables » s’organisent et se rassemblent en tant que force électorale. Les politiciens sont obligés, suivant les Etats, de composer avec les « intouchables » et de tenir compte de leurs revendications pour être élus. Les changements viendront assurément de cette direction.
En milieu urbain, les traditions tendent à s’estomper. On y observe des mariages inter castes, voire avec des étrangers. Il n'est guère possible de reconnaître la caste d'une personne. Les gens se mélangent dans les autobus, dans les cinémas, dans tous les lieux publics, sans se préoccuper de la caste de leurs voisins ou interlocuteurs.
Les liens d’amitié entre personnes de castes différentes est chose fréquente.
Dans les campagnes, où siège la majorité de la population, ces évolutions sont nettement moins perceptibles. La tradition a la dent dure en campagne…
La tradition en Inde veut que les mariages soient arrangés, peu importe de la caste. Le mariage d’amour à l’occidentale reste donc exceptionnel.
A l’occasion du mariage de leur fille, les parents ont l’obligation de verser une dot à la belle-famille.
Pour les pauvres, cette coutume signifie endettement sur des années, voire toute leur vie. Pas étonnant que la naissance d’une fille soit perçue comme une calamité.
Lorsqu’une dot n’est pas payée, il arrive fréquemment que les mariés et les belles-familles se retournent contre la mariée en la maltraitant, la battant, et même la brûlent vive.
Par conséquent, il en découle un taux d’infanticide (essentiellement les filles) très élevé et il en résulte dans les campagnes un manque cruel de femmes à marier !
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